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Mémo de typo – Typographie appliquée à l’édition littéraire

Il est essentiel, pour un auteur de fiction, de s’assurer que le lecteur va saisir toutes les nuances et toutes les intentions particulières contenues dans son œuvre. La typographie (en tant qu’ensemble de procédés de composition d’un texte), est un outil puissant. C’est un langage commun avec le lecteur. Lui ne sait que le déchiffrer, l’auteur, en revanche, doit en maîtriser l’utilisation.

  L’objet de ce mémo (comme de tous les codes de typo en usage) est de regrouper un certain nombre de recommandations et de conseils de présentation pour vos écrits. Il n’existe pas vraiment de règle absolue et définitive. Les professionnels de l’édition déterminent des chartes typographiques qui leur sont propres, en s’appuyant sur deux ouvrages de référence. Beaucoup de choix appartiennent également à l’auteur parce que la typo influe sur le rythme et l’esthétique du texte. Il est donc préférable de faire ces choix en connaissance de cause.

  Un bon usage de la typo sera également un signe fort de votre professionnalisme auprès des décideurs que vous solliciterez.

  Ce document est un mémo, non un dictionnaire exhaustif. Il s’adresse particulièrement aux romanciers, mais les scénaristes trouveront également bon nombre de conseils.

Sommaire

 

Abréviation – Acronyme et Sigle

Alinéa

Annotation – Précision et Remarque de l’auteur

Citation

Date

Dialogue

Discours rapporté

Espace

Glose

Heure

Incise

Italique

Lettrine

Majucule (ou capitale)

Monnaie

Nom de rue

Nombre

Paragraphe

Tiret

Titre de civilité


Abréviation – Acronyme et Sigle

Une abréviation, au sens strict, est une réduction graphique d’un mot ne donnant pas lieu à une réduction orale (à la lecture).

Melle se lit mademoiselle et non melle.

 

Les abréviations sont, d’une manière générale, fortement déconseillées en dehors de trois cas précis :

– les titres de civilité : M., Mme, Melle (voir titre de civilité) ;

– Etc. : que l’on écrit jamais et cætera, sauf intention particulière ;

– Les numéros (n°), uniquement dans le cas où ils sont immédiatement précédés du substantif auquel ils se rapportent :

le billet n° 124 / le gagnant est le numéro 124.

 

On accepte également les abréviations de discrétion et les abréviations euphémiques :

M. B… est sorti du bois de Boulogne.

Ce type est une p…

 

D’une façon générale, toute autre abréviation est à proscrire dans un texte littéraire.

 

Un sigle n’est pas exactement une abréviation. Il est généralement formé de la (ou des) première(s) lettre(s) d’un (ou plusieurs) mot(s). La meilleure définition que j’aie pu trouver est celle de Jean-Pierre Lacroux : Un sigle est « formé par une réduction graphique puis orale d’un mot ou d’une suite de mots ». Orthotypo, orthographe et typographie françaises, dictionnaire raisonné de Jean-Pierre Lacroux

 

Un acronyme est un sigle particulier, formé des initiales ou des premières lettres de plusieurs mots mais devant se prononcer comme un mot ordinaire :

C.G.T. se lit cégété, Q.G. se lit kugé et non kje. Ce sont donc des sigles.

OTAN, UNESCO, ovni, radar et Benelux se prononcent comme des mots et non comme des épellations de lettres. Ce sont des acronymes.

 

Les règles qui régissent traditionnellement l’écriture des sigles sont souvent malmenées. On a parfois tendance à renoncer aux points et aux capitales (voir cas particuliers ci-dessous). En fonction des points de vue, on parlera de laisser-aller ou de simplification. On retiendra que, d’une façon rigoureuse, les sigles s’écrivent en capitales séparées par des points abréviatifs, et les acronymes s’écrivent en capitales sans les points. C’est le meilleur moyen de ne pas se tromper :

A.D.N., S.P.A., UNESCO, ONU, S.V.P., OTAN, C.G.T., S.O.S., etc.

 

Cas particuliers :

Dans le cas des sigles de formation syllabique, la suppression des point est conseillée :

AFNOR (plutôt que A.F.NOR. pour Agence Française de NORmalisation),

CEDEX (Courrier d’Entreprise à Distribution EXceptionnelle)…

 

Dans le cas de sigles longs et de sigles dont la notoriété exclut toute forme de confusion (à l’appréciation de l’auteur ou de l’éditeur…), la suppression des points abréviatifs, voire des capitales est tolérée :

RATP, Benelux, Unesco…

 

Les acronymes devenus des noms communs s’écrivent en minuscule :

ovni, laser, radar…

 

Certains sigles désignent des organismes ou des services représentés par des logos qui contiennent des minuscules. Dans ce cas, les minuscules seront tolérées, mais il reste préférable de conserver les capitales :

C.N.R.S. voire CNRS plutôt que cnrs,

R.S.A. voire RSA plutôt que rSa…

 

Si un sigle termine la phrase, le dernier point abréviatif sera absorbé par le point qui termine la phrase.

« Ils étaient tous là, F.O., la C.F.D.T. et même la C.G.T.

— Même la C.G.T. ? »

Alinéa

Le mot alinéa désigne à la fois une ligne dont le premier mot est en retrait (annonçant le commencement d’un paragraphe ou d’un dialogue), le renfoncement de la première ligne et le texte compris entre deux renfoncements.

 

Si le premier caractère de la première ligne est décalé à droite (par rapport au reste du texte), on parle d’une composition en alinéa. S’il est décalé à gauche, on parle de composition en sommaire, s’il n’y a pas de décalage de la première ligne, on parle de composition en pavé.

 

Pour la mise en page d’un récit de fiction, on privilégiera la composition en alinéa. Dans les romans, la valeur standard du renfoncement est de 1 cadratin, mais elle peut varier (de 1 jusqu’à 2), en fonction de la mise en page du texte. Plus le nombre moyen de caractères par ligne sera élevé, plus le renfoncement devra être grand.

 

Pour les nouvelles de notre site, j’ai choisi des alinéas de 1,5 cadratin, un espace de 0,5 ligne entre les alinéas, et 2 lignes entre les paragraphes.

Annotation – Précision et Remarque de l’auteur

L’auteur a parfois besoin d’apporter une précision qu’il souhaite démarquer de son récit. En dehors des notes en bas de page que l’on utilise plus pour des références, trois possibilités lui sont offertes : les virgules, les tirets et les parenthèses.

 

Dans le cas d’une remarque de l’auteur, la virgule est un signe de ponctuation plutôt faible. On peut l’utiliser dans le cas d’un récit écrit à la première personne :

J’étais sous le charme. Cette fille, particulièrement jolie, me plaisait beaucoup.

 

Dans le cas d’un discours indirect, la virgule risque de semer la confusion : l’intervention de l’auteur risque d’être attribuée au protagoniste :

Paul était sous le charme. Cette fille, particulièrement jolie, lui plaisait beaucoup.

 

Est-ce l’auteur ou Paul qui trouve la fille particulièrement jolie ?

 

Pour éviter ce problème, il reste deux outils, le tiret ou la parenthèse. Ce choix appartient purement à l’auteur, il est juste préférable de l’effectuer en connaissance de cause et de s’y tenir. On notera une gradation : le tiret est considéré comme plus littéraire, plus élégant, mais la parenthèse marque une plus forte séparation entre le texte et la remarque de l’auteur (particulièrement si l’annotation arrive en fin de phrase parce qu’il faut alors supprimer le tiret fermant). Une espace forte insécable suit le premier tiret et précède le second : voir tiret )

Citation

Citer consiste à reproduire exactement un texte ou des paroles qui ne proviennent pas du narrateur (voir également dialogue, discours rapporté et incise).

 

Une citation se détache du récit par des guillemets (même une citation indirecte).

 

On introduit une citation par deux points seulement si elle n’est pas fondue dans la phrase :

Comme disait De Gaulle : « Je vous ai compris ! »

Je reprends les mot du Général à mon compte : « Je vous ai compris ! »

 

Mais :

Ne me prenez pas pour un imbécile, moi aussi « je vous ai compris ».

Pour Jean-Pierre,  cet employé était « un type très bien ».

Une citation non fondue et introduite par deux points commence par une majuscule. La ponctuation finale est à l’intérieur des guillemets.

 

Cas particuliers :

Lorsque qu’une citation se termine par une deuxième citation, un seul guillemet fermant est employé.

 

Si une citation comporte plusieurs aliénas, on place un guillemet ouvrant au début de chaque alinéa (et un seul guillemet fermant à la fin de la citation).

 

Dictons, maximes et proverbes sont à considérer comme des citations :

Il ne l’avait pas reconnu : « La nuit, tous les chats sont gris. »

 

Un extrait de lettre ou de billet est considéré comme une citation. On le placera entre guillemet, généralement après un alinéa.

 

Dans le cas d’une lettre épistolaire reproduite en intégralité (ou lorsque l’extrait est conséquent), on séparera la citation du reste du texte par une ligne blanche au début et à la fin. On emploiera l’italique plutôt que les guillemets.

 

Certains éditeurs considèrent un mot (ou un groupe de mots) auquel l’auteur a souhaité donné une importance ou un sens particulier comme une citation et l’encadrent de guillemets. Cependant, l’emploi de l’italique, voire des capitales, semble plus judicieux, notamment lorsqu’il faut faire ressortir un mot à l’intérieur d’un dialogue :

« Je n’ai pas besoin de toi. »

 

est plus élégant et plus lisible que :

« Je n’ai pas « besoin » de toi. »

 

Certain éditeurs utilisent les guillemets anglais :

« Je n’ai pas ‘‘besoin’’ de toi. »

Date

On écrit les dates ainsi : Pas de majuscule au jour ni au mois, le quantième du mois et le millésime en chiffres arabes :

mercredi 17 mars 2011.

 

Le mois peut prendre la majuscule si la date possède une référence historique ET si le millésime est absent :

L’appel du 18 Juin.

 

Note : On écrit 1er juillet, et non 1 juillet.

Dialogue

Lorsqu’il insert un dialogue dans son récit, le narrateur effectue une citation ; il rapporte une série de propos tenus par des personnages. Pour être compréhensible, un dialogue doit être clairement indiqué.

 

L’emploi d’un alinéa est fréquent, voire systématique, pour détacher un dialogue du récit.

 

l’usage le plus rigoureux consiste à employer les guillemets (français : « »)  pour encadrer un dialogue : Le premier dialogue commence par un guillemet ouvrant (suivi d’une espace-mot insécable, voir Espace). Chaque changement d’interlocuteur est indiqué par un alinéa ainsi qu’un tiret long (tiret cadratin, à ne pas confondre avec le trait d’union, voit Tiret) suivi d’une espace fixe (d’un demi cadratin). On indique la fin du dialogue par un guillemet fermant, précédé d’une espace-mot insécable.

Il s’avança vers le vieil homme et lui tendit la main.

« comment allez-vous ? demanda-t-il poliment.

— Pas trop mal, docteur !

— Prenez soin de vous », conclut-il.

 

Note : les américains n’utilisent pas les guillemets, ils se contentent de tirets. Un certain nombre d’éditeurs français y ont également renoncé. Néanmoins, l’usage des guillemets est recommandé par tous les ouvrages de référence.

 

« Dit-il », « répondit-elle »… sont des incises. Pour toute précision les concernant, voir incise.

 

Cas particuliers :

Un même personnage continue à parler, mais l’on souhaite séparer ses propos par un nouvel alinéa (souvent en raison de la longueur ou d’un changement de sujet de conversation), on utilise alors un guillemet ouvrant plutôt qu’un tiret qui indiquerait un changement d’interlocuteur. (note : on ouvre un nouveau guillemet sans avoir refermé le précédent) :

« Raconte-moi ta vie.

— Je suis né à Paris, j’ai eu une enfance heureuse. Mon premier souvenir remonte à l’époque où je passais mes vacances chez ma grand mère (…) et me voilà dans ce bar avec toi.

« Je suis fatigué, il est un peu tard, nous ferions mieux d’aller nous coucher.»

 

Si l’on ouvre plusieurs guillemets qui se ferment en même temps, notamment dans le cas d’une citation à l’intérieur d’un dialogue, on n’utilise un guillemet fermant unique :

« elle s’est tournée vers moi et m’a dit « je t’aime. »

 

On referme les guillemets dès que le dialogue est interrompu par une remarque ou une précision de l’auteur :

« Ça va ? » demanda Robert.

Il constata qu’elle tremblait.

« Tu n’as pas pris froid ? »

 

Cependant, pour des questions de rythme, les parenthèses peuvent être autorisées :

« Ça va ? demanda Robert. (Il constata qu’elle tremblait.) Tu n’as pas pris froid ? »

 

Pour les phrases du genre : il pensait qu’il avait raison, il pensais : « j’ai raison », j’ai raison, pensait-il… voir discours rapporté.

Discours rapporté

Petit rappel de grammaire, il existe quatre types de discours rapporté :

 

1) Le discours direct :

Bernard ouvrit son frigo. « Chouette ! pensa-t-il, ce soir, je vais manger un steak ! »

 

Un dialogue est un discours direct. La présentation typographique du discours direct est donc celle du dialogue.

 

Note : Certains auteurs préfèrent l’italique, notamment lorsqu’ils n’utilisent pas les guillemets dans les dialogues :

Bernard ouvrit son frigo. Chouette ! pensa-t-il, ce soir, je vais manger un steak !

 

Ce n’est pas une erreur, mais renoncer aux guillemets, c’est se priver d’un outil. Cela multiplie alors les usages de l’italique et peut prêter à confusion  (voir Italique).

 

Lors d’un dialogue contenant une seule réplique (qu’elle soit prononcée ou intériorisée), il faut, d’après moi, se poser la question de l’alinéa, en fonction de la taille de la réplique et de l’importance que l’auteur souhaite lui donner :

 

– Si la réplique est courte et sans grande importance dramatique, j’aurais tendance à ne pas employer un alinéa.

Il traînait sa grande silhouette solitaire dans cette ruelle sombre. L’odeur d’urine se mélangeait à celle des poubelles, mais le raccourci lui faisait gagner dix minutes. Tout à coup, son pied s’enfonça dans une flaque qu’il n’avait pas vue. « Merde ! » pensa-t-il. Il continua son chemin.

Sophie l’attendait…

La présentation suivante ralentirait inutilement le récit  :

Il traînait sa grande silhouette solitaire dans cette ruelle sombre. L’odeur d’urine se mélangeait à celle des poubelles, mais le raccourci lui faisait gagner dix minutes. Tout à coup, son pied s’enfonça dans une flaque qu’il n’avait pas vue.

« Merde ! » pensa-t-il.

Il continua son chemin.

Sophie l’attendait…

 Certains auteurs prennent également en compte l’aspect visuel du paragraphe. On note dans l’exemple ci-dessus les deux lignes creuses (lignes incomplètes) qui s’enchaînent et qui morcellent le paragraphe : c’est plutôt moche.

 

– Si le discours est long, l’alinéa permet de détacher le discours rapporté du récit afin de permettre au lecteur de mieux le distinguer. L’alinéa permet également de donner au discours rapporté plus d’importance :

Il s’était arrêté pour acheter des fleurs. Il était en retard et courait à perdre haleine. Il entra dans le parc et la trouva assise sur un banc. Elle leva les yeux vers lui et lui sourit. Il comprit enfin pourquoi il lui avait acheté ces fleurs et pourquoi il avait couru :

« Je l’aime ! » pensa-t’il.

Il se tint quelques instants immobile, étourdi par la subite révélation…

 

Note : Si le verbe déclaratif (penser, répondre, dire…) est placé avant la citation, on introduit celle-ci par deux points avant le guillemet ouvrant.

Il se tourna vers elle et lui dit : « C’est une verrue ou un furoncle ? »

 

2) Le discours indirect

Bernard ouvrit son frigo et se dit qu’il allait manger un steak ce soir-là.

 

Rien à signaler sur le plan typographique, on est au cœur du récit.

 

3) Le discours indirect libre

Bernard ouvrit son frigo. Chouette ! ce soir-là, il mangerait un steak !

 

Dans cette forme, aucun verbe déclaratif n’introduit le discours. Or, le discours indirect libre retranscrit les pensées du personnage selon sa propre façon de parler. C’est bien Bernard qui se dit : « chouette ! », ce n’est pas l’auteur. Pour autant, ce n’est pas un discours direct. Dans ce cas, la meilleure solution me paraît être l’emploi de l’italique pour distinguer les mots du personnage de ceux du narrateur

 

4) Le discours narrativisé

Bernard ouvrit son frigo et décida avec enthousiasme de manger un steak ce soir-là.

 

Idem discours indirect, R.A.S.

Espaces

En typographie, le mot espace est féminin. Une espace est le caractère typographique permettant d’insérer un espace (blanc) entre deux caractères.

 

À l’ère de l’informatique, il n’est pas nécessaire de connaître les usages et les contraintes des imprimeurs traditionnels, voici simplement quelques notions à retenir :

 

Une espace se définit par sa taille (mesurée en cadratin) et par son caractère (in)sécable.

 

Une espace insécable a la propriété d’empêcher la séparation des caractères qui l’entourent d’une ligne à l’autre, afin d’éviter des coupes malheureuses :

« Parce que sinon, c’est moche

! dit Norbert.

— Tu as bien raison, c’est très vilain !

» répondit Marie-Chantal.

 

Voici les différentes espaces utilisées :

 

1) Espace forte (appelée également espace justifiante ou espace-mots) :

Cette espace est la plus courante, sa taille est variable afin de permettre la justification du texte. Toutes les espaces fortes d’une ligne ont la même valeur, mais cette valeur varie d’une ligne à l’autre :

Il accepta enfin de se rendre à l’évidence : il allait tuer Geoffroy. La lune gibbeuse s’apparentait à un grand œil diabolique, scrutant un monde endormi qu’elle inondait de sa lumière maléfique. Ce fut sous son emprise que naquit cette inspiration criminelle. Elle le possédait, il en était persuadé. (La contemplation de la lune, d’Aurélien Poilleaux)

Dans cet extrait, les espaces de la ligne n° 2 sont particulièrement larges.

 

Note : J’ai triché en ajoutant des espaces insécables pour obliger les mots « œil diabolique, scrutant » à être sur la même ligne. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les espaces entre ces mots sont plus petits que les autres de la même ligne.

 

2) Espace fine :

Une espace fine est une espace fixe insécable dont la valeur est de ¼ de cadratin. Le code typographique français recommande, contrairement à d’autres langues telles que l’anglais, une espace fine insécable devant les signes de ponctuation doubles (point-virgule, point d’interrogation, point d’exclamation), ainsi que comme séparateur des groupes de trois chiffres dans les nombres supérieurs au millier et comme séparateur sans valeur facilitant la lecture des numéros de téléphone ou des codes d’identification.

 

Note : La plupart des traitements de texte ne permettent pas l’utilisation de l’espace fine. Ce caractère n’existe pas sous Word qui insert tout de même automatiquement des espaces insécables avant les ponctuations doubles. Pour la mise en page de mes recueils et anthologies, j’ai renoncé à l’utilisation de l’espace fine. En effet, ce caractère n’est parfois pas reconnu par certaines liseuses ou logiciels de lecture.

 

3) Espace demi cadratin :

C’est une espace particulière, dont la taille est fixe, que l’on utilisera notamment après les tiret de dialogue.

 

4) Espace Cadratin :

Espace fixe également, utilisée notamment en début d’alinéa.

 

Voici une synthèse des espace à utiliser avant et après les principaux signes de ponctuation :

 

Type d’espace précédant

signe

Type d’espace suivant

pas d’espace

virgule (,) et point (.)

espace-mots sécable

espace-mots insécable

deux points (:)

espace-mots sécable

espace fine insécable

point d’exclamation (!)

point d’interrogation (?)

point-virgule (;)

espace-mots sécable

pas d’espace

trait d’union (-)

pas d’espace

espace-mots sécable

parenthèse ouvrante (()

pas d’espace

pas d’espace

parenthèse fermante ())

espace-mots sécable

espace-mots sécable

crochet ouvrant ()

pas d’espace

pas d’espace

crochet fermant ()

espace-mots sécable

pas d’espace

apostrophe (’)

pas d’espace

espace-mots sécable

guillemet ouvrant («)

espace-mots insécable

espace-mots insécable

guillemet fermant(»)

espace-mots sécable

Glose

Lorsqu’une situation risque de ne pas être comprise, on ajoute une glose. Elle est encadrée de crochets pour une substitution ou une restitution, et de parenthèses pour une explication :

On dit qu’il (l’auteur) est un homme solitaire.

Il est parti [la] retrouver.

Heure

On écrit l’heure en toutes lettres lorsqu’il s’agit d’une heure simple :

Sept heures.

dix-huit heures trente.

 

Dans le cas d’un horaire précis, on privilégiera l’écriture en chiffres arabes :

14 h 48.

 

Si l’on écrit heure en entier, on écrit également minutes en entier :

15 heures 25 minutes.

 

On utilise des espaces insécables lorsque l’heure est écrite en chiffres, afin d’éviter ce genre de coupe malheureuse :

22 h

44,

ou 22

h 45.

 

Incise

S’écria-t-il, dit-elle et pensa-t’il sont des incises.

 

Lorsqu’elle est faible, l’incise reste à l’intérieur des guillemets, encadrée par deux virgules :

« Jamais, dit Robert, plutôt mourir. »

 

Lorsqu’une incise est forte, elle est en dehors des guillemets :

« Jamais », dit Robert tandis qu’il se saisit de son revolver et le porta à hauteur de sa tempe, « plutôt mourir. »

 

L’incise est encadrée par des virgules, mais la virgule d’incise est supplantée par toute autre ponctuation :

— Mais ça va pas ! cria l’étranger.

— Combien ? demanda le client.

— Je ne sais pas vraiment… reprit le client.

La première lettre de l’incise ne prend pas de majuscule.

 

Si la dernière réplique du dialogue se termine par une incise, celle-ci, même faible, est placée en dehors de guillemets. Le point final du dialogue est supprimé, et une virgule suit le guillemet. Par contre, si le dialogue se termine par une autre ponctuation ( ? ! …), cette ponctuation reste à l’intérieurs des guillemets, et on supprime la virgule.

« C’est faux.

— Si c’est vrai !

— Et moi je te répète que c’est faux ! » dit-elle.

« C’est faux.

— Si c’est vrai !

— De tout façon, je m’en moque », répondit-il, résigné.

 

On place obligatoirement hors guillemets une incise se terminant par deux points :

« Des cacahuètes ? » hurla-il ; puis, recouvrant son calme : « mais tu sais bien que je suis allergique ! »

Italique

L’italique s’emploie principalement pour attirer l’attention sur un mot (ou un groupe de mots). Le lecteur reconnaît deux intention à l’usage de l’italique : l’insistance et la disjonction :

Ce n’est pas un homme dangereux, il est juste un peu impulsif.

 

La disjonction concerne les mots ou groupes de mots que l’on souhaite séparer du texte :

Les mots À suivre, à la fin du premier volume,

La suscription d’une lettre citée « À mon cher ami »…

 

On utilise également l’italique pour les mots et expressions étrangères (notamment les locutions latines), argotiques ou techniques :

Cette voiture, c’est le nec plus ultra de la voiture !

 

Note : Lorsqu’un mot revient plusieurs fois dans le texte, on peut l’écrire en italique la première fois, puis le laisser en caractères romain ensuite, sauf s’il y a un risque de confusion avec un mot français. Le cent américain restera en italique pour ne pas être confondu avec le cent européen.

 

On utilise également l’italique :

–  dans le discours indirect libre (voir Discours rapporté)

–  pour les notes de musique : donne-moi le la ;

–  les titres d’œuvres réelles (littéraire, artistique, musicale…) ;

–  les noms de revues et journaux ;

–  les lettres minuscules citées : mettons les points sur les i ;

–  les noms propres donnés à un véhicule : le Titanic (pas le film, le bateau !) ;

–  les enseignes uniquement celles reproduites intégralement : le bar s’appelle au Chat qui fume / le client du Chat-qui-fume.

Lettrine

La lettrine porte généralement sur deux lignes, parfois plus ;

Elle ne doit pas être découverte ; au moins une ligne doit doubler sous la lettrine ;

La lettrine est collée à la marge gauche ;

La fin du premier mot (ou du groupe de mot) s’écrit en petites capitales ;

Le sommet de la lettrine doit être visuellement aligné avec les ascendantes des lettres de la première ligne du texte.

 

La petite fille marchait pieds nus dans la neige. Elle venait de perdre sa maman. Elle n’avait pas mangé depuis plusieurs jours, et l’orphelinat n’avait pas de place pour elle. C’était vraiment triste…

Majucule (ou capitale)

L’emploi de la majuscule est une source d’hésitations multiples. En dehors des quelques règles qui suivent et de vos intentions spécifiques, voici un conseil qui, je pense, vous permettra de trancher dans de nombreux cas : On utilise la majuscule sur un mot désignant un élément unique. La majuscule représente l’individualisation :

Par exemple, il n’y a qu’un pape sur terre, mais il y en a eu plusieurs dans l’Histoire. Si l’on parle des fonctions du pape : le pape est le chef de l’Église catholique romaine, on ne met pas de majuscule à pape (sauf volonté de sacraliser la fonction), parce que Benoit XVI, Jean-Paul II et les autres papes avant eux ont tous été chefs de l’Église catholique romaine. À l’inverse, si un récit est consacré à Benoît XVI et qu’on l’appelle par sa fonction, on écrira le Pape, sous-entendu « le pape Benoît XVI », parce qu’il n’y a qu’un pape Benoît XVI.

Selon la même logique, on écrira : ministère de la Défense. On met une minuscule à ministère parce qu’il y a plusieurs ministères et une majuscule à Défense, parce qu’il n’y a qu’une Défense.

 

On attribue en général une majuscule au mot « principal » ainsi qu’à ses substantifs et ses adjectifs principaux, en tenant compte du fait qu’une majuscule alourdit quelque peu le texte.

 

À part ça, on place une majuscule :

– au début d’une phrase ;

– après un point ;

– après un point d’interrogation ou un point d’exclamation lorsqu’ils terminent une phrase et ne séparent pas différents éléments successifs :

Tu aimes quoi ? les carottes ? les navets ?

Tu n’as plus faim ? Je m’en fiche, tu finis ton assiette ! ;

– après deux points lorsqu’ils introduisent une citation, mais pas lorsqu’ils introduisent une explication ou une énumération ;

– au départ d’un alinéa ;

– pour certaines abréviations : M., Mme… ;

– pour les sigles ;

– pour les noms de marque, les enseignes, (en italique), les bibliothèques, les monuments, les musées ;

– les sociétés (pour la raison sociale ou le titre ainsi que les substantifs et adjectifs qui précèdent cette raison sociale) ;

– l’État, en tant que gouvernement ;

– les corps d’État, les institutions et les administrations à caractère unique : l’Académie française ;

– les mois des dates à caractère historique, les batailles et les régimes ;

– les fêtes

– Dieu (dans le cas uniquement d’une religion monothéiste) :

Allah est le Dieu des musulmans.

Zeus est le chef des dieux de l’Olympe ? ;

– Les créations (parfum, mode, peinture…) ;

– Les peuples, les pays, les régions :

Attention : les Sud-Américains, les Canadiens français, le Moyen-Orient, Los Angeles, la basse Normandie, la Bretagne, les Bretons, le kir breton ;

– les points cardinaux ;

– les symboles, les personnifications, les allégories.

Le mémento typographique de ch. Gouriou est très complet à ce sujet.

Monnaie

Dans un texte littéraire, on n’utilisera pas les abréviations ni les majuscules :

Correct : 40 euros ou 40 dollars.

Incorrect : 40 €, 40 $,  40 Euros , 40 Euro.

Nom de rue

Lorsque le nom d’une rue contient un nom propre, plusieurs règles s’appliquent :

Tous les éléments, nom prénom, titre, grade… sont liés par un trait d’union :

Avenue Du-Général-de-Gaulle.

 

La particule d’un nom prend la majuscule, mais n’est pas suivie d’un trait d’union :

Rue La Boétie.

 

Dans un nom composé comprenant une particule, celle-ci ne prend pas de majuscule, et tous les éléments sont joints par des traits d’union :

Rue Etienne-de-la-Boétie.

 

Lorsque la particule est à l’intérieur, on utilise un trait d’union et pas de majuscule :

Avenue Rouget-de-l’Isle.

Nombre

D’une manière générale, on privilégiera, dans un texte littéraire, l’écriture en lettre des nombres.

 

Dans le cas d’une utilisation de chiffres arabes, quelques règles sont à retenir :

Pour les nombres supérieurs à 999, on sépare les tranches de 3 chiffres par une espace insécable et non par un point :

Correct : 1 234 567 897.

Incorrect : 1.234.567.890.

Incorrect : 1 234 567

890.

Cependant, on ne sépare pas les tranches de 3 chiffres dans les nombres ayant fonction de numérotage : millésime, matricule, code postal, article de code, de lois, etc.

 

Pour séparer la partie décimale d’un nombre, on utilise exclusivement la virgule (et non le point.

 

On n’abrège pas les chiffres :

Entre 2 et 4 000 euros est une écriture erronée si le sens est entre 2 000 et 4 000 euros.

 

On écrit en toutes lettres les nombres simples (quantité, âge, heure, distance, durée, rang…). On écrit en toutes lettres les nombre employés substantivement :

Je mise sur le huit (sous-entendu le cheval n°8).

 

On écrit en chiffre les nombres compliqués ou à décimale :

Il y avait précisément 28 243 manifestants, le train de 17 h 27, une vitesse moyenne de 17,23 Km/h.

 

On écrit également en chiffres :

– le calibre des armes : un colt de calibre 45 ;

– les alliages : 250 millièmes d’or fin ;

– les dates : mardi 24 mai 2011 ;

– la température : 35 degrés à l’ombre ;

– les échelles : une maquette au 1/8 ;

– la longitude : 20° ouest ;

– les numéros dans les adresse : il habite au 22, rue des carottes ;

– les vitesses, les puissances de moteur, les statistiques, les pourcentages, etc.

 

On notera également que l’on écrit en chiffres romains (grandes capitales) les documents, les évangiles, les psaumes, les sections, les tomes, les volumes, les appendices, les lettres, les pièces justificatives, les actes, les arrondissements, les dynasties, les régimes, les millénaires, les millésimes, les numéraux cardinaux et ordinaux (Louis XVI), etc.

 

On écrit en chiffres romains (petites capitales), les siècles, les chants, les couplets, les chapitres, les odes, les scènes, les sonnets, les strophes, etc.

 

Le mémento typographique de CH. Gouriou est très complet à ce sujet.

 

Petit rappel d’orthographe : Vingt et cent prennent un s s’ils représentent des vingtaines ou des centaines entières :

Quatre-vingts / quatre-vingt-un ;

Deux cents / deux cent deux.

 

De plus, quatre-vingt s’écrit sans s s’il est employé comme adjectif numéral ordinal :

Les années quatre-vingt ;

La chambre quatre-vingt.

Les nombres de 17 à 99 sans et prennent des traits d’union :

Vingt et un ;

Vingt-deux ;

Quatre-vingt-douze…

 

Attention : suivis de mille, ils sont invariables :

quatre-vingt mille / quatre-vingts milliers.

 

voir http://www.leconjugueur.com/frlesnombres.php

Paragraphe

Beaucoup d’auteurs font la confusion entre un alinéa et un paragraphe et se privent d’un outil permettant un découpage plus fin de leur texte.

Un paragraphe peut être composé de plusieurs alinéas (l’alinéa désignant dans ce cas un texte entre deux renfoncements, voir Alinéa).

 

D’un point de vue typographique, un alinéa est simplement un saut à la ligne suivante (avec un renfoncement), alors qu’un paragraphe peut se distinguer du précédent par un saut de lignes (un à trois lignes blanches), voire une à trois astérisques (***).

 

Par exemple, un alinéa peut permettre le passage d’une description à une action,  découper une ou plusieurs actions, introduire un dialogue, etc.

Un changement de paragraphe peut indiquer un changement d’unité de lieu ou de temps ou  un changement de point de vue. Il s’agit là, pour l’auteur, de choix tout à fait personnels.

 

Nous suggérons la présentation suivante : séparation de deux paragraphes par deux lignes blanches (espace marqué, mais pas trop prononcé). Les astérisques sont des corps étrangers qui détournent l’attention du lecteur (point de vue personnel !!!).

Tiret

1) Tiret long  (ou tiret cadratin) « — » :

Ce tiret a plusieurs fonctions :

Dans les dialogues, en début d’alinéa pour indiquer un changement d’interlocuteur. Le tiret est suivit d’une espace d’un demi cadratin.

Il sert également à encadrer les précisions, les annotations, les remarques que l’auteur souhaite détacher de son récit. Le choix virgule, tiret ou parenthèse appartient purement à l’auteur (voir Annotations). Une espace forte insécable suit le premier tiret et précède le second.

Il tirait son eau — excellente — d’un trou naturel, très profond, au-dessus duquel il avait installé un treuil rudimentaire. (Jean Giono, L’homme qui plantait des arbres)

 Si le tiret de fermeture arrive à la fin de la phrase, il est supprimé.

 

Note : Certains éditeurs préfèrent le tiret demi cadratin dans ce cas de figure.

 

2) Tiret moyen (appelé également tiret demi cadratin, ou demi-tiret) « – » :

Ce tiret est utilisé pour lister les énumérations :

– le premier ;

– le second.

 

En tant que signe moins, entouré d’espaces fortes insécables, comme signe de soustraction pour les formules mathématiques :

10 – 4 = 6.

3) Tiret court « – » 

Le tiret court correspond principalement au trait d’union. Il sert également de tiret de césure, utilisé pour la césure d’un mot en deux (sans espace) en fin de ligne.

Exemple : « J’accepte votre propo‐

sition. »

Titre de civilité

L’abréviation des titres de civilité est fortement recommandée. Petit rappel des abréviations correctes :

M. (pl : MM.) ;

Mme (pl : Mmes) ;

Mlle (pl : Mlles) ;

Mgr (pl : NN. SS.)

 

Le titre s’abrège lorsqu’il est placé devant un nom ou une fonction :

J’ai discuté avec M. Dupont et M. le président.

 

Il ne s’abrège pas dans les lettres, dans les titres d’ouvrages ni lorsqu’ils constituent un titre honorifique consacré par l’histoire :

Un Monsieur Jourdain de la finance.

Madame Mère.

 

Le titre ne prend pas de majuscule et ne s’abrège pas lorsqu’il est employé comme formule de politesse ou comme nom commun :

Ces messieurs du comité.

 

ni lorsque l’on s’adresse directement à la personne :

« Oui, monieur… »

 

Note : On attribue généralement à un personnage le titre de civilité du pays dont il est originaire (Mr Bond et Don diego de la Vega…). Les titres espagnols, allemands et italiens ne s’abrègent pas. Certains titres anglais s’abrègent, et d’autres pas :

Mr pour Mister ;

Mrs pour Mistress ;

Miss, Lady,Sire ou Lord en toute lettre.

 

 

Références

Vous trouverez des renseignements complémentaires et un nombre important de cas particuliers :

– sur le site de Jean-Pierre Lacroux :

http://www.orthotypographie.fr/index.html;

– dans les deux ouvrages de référence utilisés par les professionnels :

  • le nouveau code typographique édité sous la direction de la F.C.C.S. et de la C.G.C. ;
  • le lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie Nationale édité par, comme son nom l’indique, l’Imprimerie nationale ;

– Dans Le mémento typographique de ch. Gouriou, qui est également bien conçu.

 

Lien Permanent pour cet article : http://www.lanthologiste.fr/memo-typo/

9 commentaires

  1. varin a dit :

    quel conseil en écriture pour un débutant qui ne connaît pas encore son style

  2. Khal a dit :

    Merci pour cette mine d’informations.
    Le mémo de typo est très utile.

  3. Victoire a dit :

    Bonsoir. Apprendre à 84 ans qu’espace est féminin; ça me bluffe. Ce mémento est vraiment clair et terriblement utile. J’ai publié mon autobiographie – trois cents pages – il y a un an ,si j’avais su tout cela….
    Titre : « L’habit ne fait pas la femme »
    Auteur : Victoire Forget
    Editeur : Edilivre

    FELICITATIONS
    Victoire

  4. Sheba a dit :

    Vous venez de m’apprendre beaucoup de choses qui me seront d’une grande utilité pour mes bouquins.
    Merci.

  5. Luckyjo a dit :

    Merci infiniment pour vos précieux conseils tout particulièrement sur la typographie.
    J’écris et illustre un livre sur l’histoire de mon chien. J’ai déjà écrit 50 pages.
    Je vais revoir ma copie ! Comme je vais l’auto-éditer, je veux qu’il soit professionnel.
    Cordialement
    Luckyjo

  6. Plum a dit :

    Bonjour,
    Lorsque l’on veut inclure dans un mot, tous les genres, donc à la fois les personnes de sexe masculin et féminin, comme par exemple:
    « Suis-je réceptif ? » et « Suis-je réceptive ? », il est courant de mettre le raccourci du genre féminin entre parenthèse, comme ceci:
    « Suis réceptif (ve) ? »
    Mais d’une part, est-ce autorisé et dans les règles de l’art de l’édition, et d’autre part, quelle ponctuation utiliser ? Des parenthèses ? Précédées d’un espace ? Et ne doit-on évoquer que le « e » pour le féminin, ou comme dans ce cas, les deux dernières lettres soit « ve ».
    Idem pour singulier et pluriel lorsque l’on veut les inclure.
    Si vous aviez quelques réponses à me fournir, j’en serai ravi.
    Cordialement
    Jean-Marie

    1. L'anthologiste a dit :

      Bonjour,

      Bonjour,
      La mise en forme que vous proposez me parait plus adaptée à un formulaire administratif qu’à une fiction. Je n’ai pas souvenir d’avoir déjà vu ça dans un texte littéraire. Si vous voulez inclure tous les genres, la règle, c’est de mettre au masculin : les filles et les garçons ont été réceptifs.
      Je ne comprends peut-être pas votre question, mais pour moi, s’il y a du singulier et du pluriel, c’est du pluriel…

      Cordialement

  7. Tiphaine a dit :

    Bonjour,

    Merci pour cet article très intéressant.

    Je me pose une question concernant la typographie des « dialogues intérieurs », ces moments de tiraillements où des parties de toi débattent sur une idée:

    Je ne sais pas quelle est la meilleure manière de les transcrire, étant donné qu’on parle bien du même personnage (donc pas d’un dialogue avec des tirets), avec toutefois l’intention de donner l’impression d’une pluralité des voix à l’intérieur même de ce personnage (l’envie, donc, d’accentuer cette impression par des tirets).

    Merci par avance pour votre réponse,

    Bien cordialement,
    Tiphaine.

    1. L'anthologiste a dit :

      Bonjour,

      Je n’ai pas trouvé de réponse « officielle » à votre question, mais je pense que cela dépend de la façon dont vous voulez traiter votre scène et votre personnage:

      Si votre personnage hésite, prend une décision, pèse le pour et le contre, change d’avis, vous pouvez enchaîner ses pensées sans typographie particulière :
      « Je vais aller la voir et je vais tout lui avouer, pensa-t-il. Non, je ne peux pas, elle ne le supporterait pas »

      Si le texte est plus long, et si vous multipliez les échanges, vous pouvez utiliser l’italique (et éventuellement séparer les pensées contradictoires par des incises ou des éléments extérieurs) :
      Je vais aller la voir et tout lui avouer, pensa-t-il avant de se raviser aussitôt. Non, elle ne le supporterait pas. Il déambula longuement dans la nuit. Elle me quitterait si elle savait. Il s’alluma une cigarette. Je suis incapable de lui mentir.

      Si vous voulez marquer davantage l’aspect schizophréne de votre personnage, faire ressortir « la petite voix qui lui dit de ne pas le faire » alors qu’il en meurt d’envie, vous pouvez carrément traiter ça comme un dialogue classique entre deux personnages, en veillant toutefois à ce que vos lecteurs comprennent bien que votre personnage discute avec lui-même :

      « Je ne peux pas lui dire, pensa-t-il.
      – Et je ne peux pas lui cacher la vérité », lui hurla sa conscience.

      Peut-être, pour distinguer ce dialogue intérieur d’un dialogue classique, vous pouvez le mettre en page sans alinéa :

      « Je ne peux pas lui dire, pensa-t-il. – Et je ne peux pas lui cacher la vérité, lui hurla sa conscience. – Elle me quittera, je ne peux pas la perdre. – Elle finira bien par s’en rendre compte, et ce sera pire. »

      toutes ces solutions sont justes. À vous de voir si l’idée de faire débattre votre personnage avec lui-même entièrement au discours direct vous paraît judicieuse, quelle mise ne page vous semble la plus fluide, la plus limpide.

      Cordialement.

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